On retrouve Sofia et Hugo à une autre réunion d’information spécialement sur les réseaux de chaleur. L’élu en charge du projet explique les différentes étapes du projet d’extension, notamment la manière dont la mairie s’assure que ce lourd investissement sera aussi rentable pour la municipalité, le bien-être des citoyens et que pour l’environnement. Le choix des énergies qui seront utilisées pour produire la chaleur dépend aussi bien sûr des ressources à disposition dans la région.
Lien vers la carte du potentiel de développement des réseaux de chaleur et de froid
Le choix des énergies qui alimentent un réseau de chaleur ou de froid urbain dépend principalement du potentiel énergétique local, c’est-à-dire des ressources renouvelables ou de récupération disponibles sur le territoire concerné.
Ce choix repose sur une combinaison d’éléments techniques, économiques, environnementaux et géographiques.
Voici comment cela se passe concrètement :
1. Évaluer les besoins thermiques du territoire
Avant de choisir une source d’énergie, on commence par cartographier : les besoins en chauffage (logements, tertiaire, équipements publics…), les besoins en froid (tertiaire, hôpitaux, industries, centres de données), la saisonnalité des usages (chauffage en hiver, climatisation en été).
Cette étape permet de définir le dimensionnement du réseau et d’identifier la puissance à installer.
2. Analyser les ressources locales disponibles
L’objectif est de maximiser l’usage d’énergies renouvelables et de récupération (EnR&R). On évalue pour cela les différentes possibilités.
- Chaleur fatale : il s’agit de la récupération d’une chaleur produite par une autre activité, souvent utilisée en ville dense, car les rejets de chaleur sont continus et situés à proximité. Incinérateurs de déchets (UIOM), Sites industriels (cimenteries, data centers, usines), Stations d’épuration (STEP).
- Géothermie (production très stable et locale, sans combustion.) Très présente en Île-de-France, Aquitaine, Alsace, Rhône-Alpes. La chaleur est puisée dans des nappes situées entre 500 et 2 000 mètres sous terre, où la température est en moyenne de 60 à 90°C.
- Biomasse, plutôt en zones rurales et périurbaines, là où la ressource est disponible (par exemple dans le Massif central, les Vosges, le Jura, le Grand Est…). Nécessite une logistique adaptée (filière bois locale, livraison, stockage).
- Solaire thermique qui nécessite une grande surface de capteurs Utilisé pour préchauffer l’eau ou alimenter des ballons de stockage
- Biogaz / méthanisation : possible à proximité de stations d’épuration, exploitations agricoles ou décharges.
3. Choisir selon une priorité énergétique (« mérit order »)
L’ADEME recommande d’appliquer la priorité suivante dans le choix des énergies : Chaleur fatale récupérable / Énergies géothermiques / Énergies solaires thermiques / Biomasse (solide ou gaz). Les énergies fossiles (gaz, fioul) ne sont admises que comme appoint ou secours, en particulier si le réseau est classé « vertueux » (>50 % EnR&R).
4. Contraintes techniques et économiques
Même si une ressource est disponible, elle doit répondre à :
- une distance acceptable (moins de 5–10 km),
- une température suffisante (>60 °C pour réseau eau chaude),
- une filière d’approvisionnement fiable et durable (dans le cas du bois, par exemple),
- un investissement maîtrisé.
Il existe un guide pour aider les collectivités : Guide d’identification de projet d’AMORCE (réf. RCT51) et du programme EnR’CHOIX de l’ADEME, centré sur le repérage et le lancement de projets de réseaux de chaleur et de froid. Il propose une méthode en 4 étapes pour aider collectivités et partenaires à repérer les opportunités de mise en place ou d’extension de réseaux de chaleur et de froid.
Le guide AMORCE procure la méthodologie terrain pour initier et cadrer les projets, tandis qu’EnR’CHOIX fixe les principes stratégiques de sobriété, de priorisation des sources et de mutualisation conformes aux Schémas Régionaux Climat‑Air‑Énergie (SRCAE).